Hommage à M. Lascar (photos)

Inauguration Plaque Ecole EJAP
Aix en Provence
21/22 Mai 2019

Perdre son père, c’est perdre une partie de soi:
Quelqu’un qui a toujours été là pour nous guider, quelqu’un que l’on croit éternel.
Nous garderons toujours de lui, des souvenirs positifs, de ses blagues, dès son sourire, de sa gentillesse, de sa générosité, de sa grande âme en général.
Papa était un homme incroyable, dévoué pour nous mais aussi pour sa communauté ou il a été président pendant de nombreuses années.
Il s’est aussi beaucoup investi avec les enfants, notamment en animant le DEJJ de la ville de Valence.
Perdre son père, c’est perdre celui qui nous a transmis tant de valeur, c’est perdre son meilleur professeur.
Pourtant, papa n’était pas seulement le meilleur à mes yeux, mais aussi à travers ceux de tous les élèves qui l’ont côtoyé pendant 34 années.
En effet, il est des professeurs qui marquent une vie et, je pense que papa en faisait partie.
L’école, c’est le lieu ou nous acquerrons de nombreuses connaissances et compétences.
C’est là que nous apprenons à nous construire et à devenir des adultes responsables.
Et, ce que nous devenons, nous le devons à nos professeurs.
Il avait cette passion, cette patience, cet amour des enfants et cette volonté de transmettre.
Il savait faire ressortir en chacun, sa part d’excellence afin de l’orienter sur les chemins de la réussite.
Les professeurs sont bien souvent aussi des découvreurs de talents.

Lettre reçue d’un des ses élèves la veille de ses 80 ans:

Mon Cher Maitre,

Je suis un peu ému en tapant ces quelques lignes. J’ai cru pendant quelques instants que je ne vous retrouverai pas. Mais internet a rendu le monde plus petit.

Je ne crois pas que l’on ait des souvenirs très précis de nos plus jeunes années et pourtant je me souviens très bien de vous. J’étais un gamin bavard et turbulent, à l’école du Moulin d’Albon en classe de CE2. J’avais aussi un peu d’imagination et vous fûtes le premier à m’aider à la canaliser. Sans vous je ne sais pas si j’aurai écrit quoi que ce soit.

J’espère sincèrement que chaque gamin qui s’installe dans une nouvelle classe, dans une nouvelle école ou dans une nouvelle ville puisse avoir une fois dans sa vie au moins, un professeur qui ait autant d’importance que vous en avez eu pour moi.

J’ai beaucoup écrit pendant mon adolescence, des textes bizarres, des trucs personnels que je n’ai jamais eu le courage ou l’envie de montrer au monde. J’avais toujours en tête, l’idée d’un livre, d’un vrai, d’un truc qui resterait, sans avoir le courage de m’y mettre vraiment. Et puis les années ont passe, je suis rentre en lycée militaire et j’ai préparé, puis intégré St Cyr.

En 2012, je commandais une compagnie d’un bataillon de chasseurs a pied. J’ai amené 150 soldats en Afghanistan. C’était une mission terrible et magnifique, et quand je suis rentre, j’ai eu besoin de la raconter. C’est, sans doute, le moment où j’ai le plus pris conscience de l’importance de transmettre, et celui ou je me suis le plus rapproché d’un rôle de mentor, finalement pas si éloigné que l’on pourrait croire de la vocation d’enseignant.

En écrivant le premier jet, depuis mon affectation sur le sol des Etats Unis, j’ai beaucoup repensé a vous, a ce livre que vous m’aviez offert en fin d’année scolaire et à la dédicace dont je me souvenais encore, surtout la dernière phrase. J’ai retrouve ce livre chez mes parents cet été.

Je ne voulais pas laisser passer la sortie de mon premier livre sans avoir eu au moins l’occasion de vous saluer, de vous exprimer avec 27 ans de retard, l’immense gratitude d’un gamin de 8 ans dont vous avez change la vie. Je suis sur que je ne suis pas le seul.

Je vous prie de croire, cher maitre, à l’expression de mon respect le plus profond et de mon affection sincère.

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Dédicace de notre Papa, Roger Eliezer LASCAR, à son élève, le 27 Juin 1990 :

Cher petit Jean,

Je t’offre ce livre pour ton excellent travail tout au long de l’année scolaire (1989/90).
Contrairement à ce que laisse entendre le titre, tu ne seras surement pas un « môme en conserve », mais bien le futur écrivain que je pressens.

Roger Lascar

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C’est pour tout cela que nous désirons lui rendre hommage en soutenant une école, et en particulier une école juive avec cette plaque commémorative.