Le projet Tou Bichvat

Si le Nouvel An des arbres est célébré de manière somme toute matérielle par la consommation de fruits, il n’en reste pas moins une fête à forte connotation spirituelle

En différents endroits, la Torah compare l’homme à un arbre :
– Un homme est comme un arbre des champs… (Deut. 20:19)
– Comme les jours des arbres seront les jours de mon peuple… (Isaïe 65:22)
– Il sera tel un arbre planté au bord de l’eau… (Jérémie 17:8)

Comme l’arbre, l’homme a besoin de quatre éléments :

  • Le sol :Une personne dont la sagesse dépasse ses bonnes actions est comparée à un arbre dont les branches sont nombreuses, mais les racines clairsemées. Le vent souffle, le déracine et le retourne.Mais une personne dont les bonnes actions dépassent sa sagesse est comparée à un arbre dont les branches sont peu nombreuses, mais dont les racines sont nombreuses. Même si tous les vents du monde venaient à souffler, ils ne seraient pas en mesure de le faire chuter. (Avot 3:22).
  • L’eau : Sans eau, l’arbre va flétrir et mourir. La Torah est comparée à de l’eau, comme Moïse le proclame : « Que mon enseignement s’épande comme la pluie » (Deut. 32:2).
  • L’air : Dans une atmosphère déséquilibrée, l’arbre suffoquerait et mourrait. La Torah (Genèse 2:7) établit que Dieu a insufflé la vie en l’Homme. Le terme hébraïque désignant la respiration – néchima – est le même que celui désignant l’âme – néchama. Notre force de vie spirituelle provient, métaphoriquement, de l’air et de la respiration.
  • Le feu : Un arbre a également besoin de feu – la lumière du soleil – pour survivre à la croissance et à la santé de l’arbre.
    Les hommes ont également besoin de feu – de chaleur – pour survivre. C’est la chaleur de l’amitié et de la communauté.
    Toutes ces pistes sont reprises dans les classes au travers du projet transversal.

En Cycle 3, la poésie a lancé le travail du mois et les propositions tant en français qu’en sciences, musique, arts plastiques et sciences.

Le Clézio et son voyage au pays des arbres mais aussi Mama Miti, la mère des arbres contre la déforestation de son pays africain ont trouvé des échos dans des émissions scientifiques sur la vie des arbres.

Mieux comprendre la vie des arbres et leur rôle sur notre planète ne peut qu’amener une classe à des expérimentations et des plantations.

Éviter de polluer et comment sera donc le sujet de l’Éducation morale et civique : quelles mesures dans le midi ? quels gestes écologiques ? quelle place pour le recyclage à notre mesure ?

Du réel à l’imaginaire a été la démarche plastique, opposant les peintres de la ruralité et du réalisme au surréalisme avec « les arbres « de Dali .Diverses techniques utilisées pour « créer « une forêt surréaliste.

Loin du « Laboureur et ses enfants », Fable de La Fontaine de la période qui vantait la persévérance pour travailler la Terre, source de toutes nos richesses.

Patrimoine culturel et patrimoine naturel ainsi réunis dans le projet de ce mois.

Même Fable en CP/CE1 « Le laboureur et ses enfants ».

Fable comparée à la fable originale d’Esope pour les sensibiliser à l’attachement à la terre, à la connaissance de la nature et aux problèmes actuels de l’environnement..

En lien avec des observations scientifiques, des plantations de plantes aromatiques et la fabrication de mangeoires pour les oiseaux.

En poésie « l’arbre « de Jacques Charpentreau s’est associé aux œuvres de Magritte, Klimt et Bonnard pour mieux comparer les techniques plastiques et réaliser à la manière de ..Mais aussi construire son « arbre à secrets ».

Projet du mois qui s’est concrétisé avec le Spectacle de danse au Pavillon Noir : Le roi et l’oiseau.

La maternelle et les ms/gs ne sauraient entrer dans le projet sans la magie avec « Jacques et le haricot magique » , en écho à la Fable du mois ,à « la maison dans les bois « d’Inga Moore ainsi qu’à « Une si petite graine « .

Sensibilisation aux mystères de la nature, au respect du vivant et de la patience pour laisser à la nature le temps de croître et de vivre.

Comprendre le cycle du vivant avec des plantations classiques de haricots, mesurer la croissance, être sensible aux facteurs essentiels pour aborder les principes de protection de notre nature.

La forêt et le bois, on les retrouvera dans l’écoute des instruments à bois au travers de Pierre et le loup. Instruments observés également dans une émission télévisuelle . Connaissances remobilisées dans l’écoute d’extraits des « Quatre saisons » de Vivaldi pour associer ressentis et connaissances.

Des sciences aux arts, le pas est vite saisi . Les enfants ont réalisé un arbre en papier mâché à la manière des artistes de l’école Button tree wall art.

La fable « le chêne et le roseau » a été retenue pour la classe des tout petits tps/ps, les conduisant à entrer à petits pas dans les fruits, les légumes…dans tout le travail évoqué dans les albums du « petit jardinier « , de « la danse des légumes « , et autres albums ou ouvrages documentaires adaptés.

Les liens entre la nature et ses habitants sont mieux compris avec des petits films documentaires et des réalisations simples Puis repris avec des lotos des animaux, des jeux associant habitat et nourriture.

Planter des bulbes pour voir « sa plantation » ; déguster des fruits et légumes pour développer les jeux sensoriels et tout le langage qui se construit à partir du toucher, manipuler, décrire et comparer.Objectifs essentiels de la maternelle petite section.

Le projet maternelle chez les tout petits associe tous les champs disciplinaires et n’oublie pas les comptines numériques : 4 feuilles sur un arbre, 5 dans un nid, 3 pommes, 1 éléphant qui se balançait.

Sans oublier les réalisations plastiques, à la manière de Chagall et autres réalisations qui jouent sur les supports diversifiés et les techniques.

Toutes ces connaissances scientifiques, toutes ces réflexions sur la nature n’auraient pu faire oublier le plaisir de la dégustation au travers du Séder de Tou Bichevat .